Lors de mon voyage en Nouvelle-Zelande a Castle Hills
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Voyager seule lorsqu’on est introvertie : mon expérience

Voici un sujet qui me tient à cœur, car je fais moi-même définitivement partie de la « team introvertis ». Je sais que je suis loin d’être la seule. Je sais aussi que l’introversion peut résonner comme un obstacle lorsqu’on a des envies de voyage, voire décourager certains d’entre vous. Pourtant, je tiens à affirmer que ma personnalité réservée n’a jamais constituée un frein lors de mes voyages en solo ! Non, le voyage en sac à dos n’est pas réservé qu’aux personnes extraverties, au tempérament ultra-sociable. Oui, les personnes introverties peuvent tout à fait partir seules, et s’ouvrir au monde à leur manière. Certes, lorsqu’on est de nature plus réservée, l’expérience va se révéler différente, mais aussi extrêmement enrichissante sur le plan personnel. Pour vous aider peut-être à franchir le pas, voici ce que j’ai appris en voyageant seule avec une personnalité introvertie.

Pourquoi voyager seul en étant introverti représente un challenge ?

Petite mise au point : qu’est-ce que l’introversion ?

Avant de rentrer dans le vif du sujet, je pense qu’il est important de revenir aux bases et de définir ce qu’est l’introversion. Les idées reçues ont la peau dure, en particulier pour les personnes qui ne comprennent pas ce trait de personnalité.

Tout d’abord, introverti n’est pas un synonyme de timide, même s’il est vrai que les introvertis ont tendance à éviter davantage les contacts humains. L’introversion n’a rien à voir non plus avec la confiance en soi. Être introverti ne signifie pas détester les gens (celle-là, c’est la meilleure… !). Bien au contraire, les introvertis sont des personnes comme les autres, qui ont aussi besoin de socialiser, de se faire des amis, de partager des expériences. À cause de cette idée fortement ancrée dans l’imaginaire collectif, on a souvent l’impression que l’introversion est une sorte de « défaut » qu’il faut apprendre à « corriger » tout au long de sa vie. Or, il n’y a rien de péjoratif à être introverti. C’est un simplement un trait de caractère comme un autre, qu’il faut apprendre à respecter.

Les introvertis sont des personnes qui valorisent davantage leur monde intérieur plutôt que le monde extérieur. Elles apprécient le calme, la tranquillité, exercer des activités en solitaires. Elles adorent également passer du bon temps avec quelques amis bien choisis. Elles ne ressentent pas le besoin de se montrer, de clamer haut et fort leurs exploits devant les autres. Elles n’apprécient pas vraiment être sur le devant de la scène, et s’exprimer en public les met souvent mal à l’aise.

Il faut savoir que la plupart des activités sociales leur coûtent de l’énergie, d’autant plus si elles sont en présence d’une majorité d’illustres inconnus.

Elles ont alors besoin de temps seules, ou entourées de personnes très proches, afin de se recharger.

Le voyage en sac à dos : la jungle des contacts humains

Après avoir lu ce premier paragraphe, vous vous doutez bien en quoi voyager seul en sac à dos peut représenter un challenge lorsqu’on a une personnalité introvertie. Car être obligé de devoir parler avec des inconnus toute la journée peut se révéler très fatiguant pour un introverti. Il peut également être difficilement concevable pour les introvertis de ne pas avoir de « foyer », car celui-ci représente souvent un espace de sécurité où l’on n’est pas obligé de se confronter aux autres.

Or, lorsqu’on est en voyage, il est évident que l’on doit multiplier les échanges avec autrui, ne serait-ce que pour subvenir à ses besoins de base : trouver un endroit où dormir, manger, se renseigner sur les éventuelles activités autour de soi, se déplacer… Aussi, en voyage, le « point de saturation » des contacts sociaux peut être vite atteint et peut se manifester par des « coups de pompe » plus au moins conséquents. Certaines fois, il faut alors se faire un peu violence pour « oser » aller demander quelque-chose dont on a besoin, ou trouver un peu de compagnie afin de ne pas se sentir seul.

De l’avantage de voyager seul lorsqu’on est introverti

La liberté de décider quand être sociable ou non

Certes, voyager en sac à dos amène à multiplier les contacts avec des inconnus. Mais voyager seul peut également se révéler être un gros avantage pour les introvertis. Car en étant seul, on se retrouve alors beaucoup plus libre de ses actes, de ses choix, et surtout : on n’a finalement de compte à rendre à personne. Aussi, personne ne peut vous juger pour être resté deux jours à buller dans votre chambre d’hôtel sans parler à personne. Car de toute façon, personne ne vous observe ni ne tient un journal précis de vos faits et gestes. Vous n’êtes attendu nul part et vous êtes temporairement libéré de vos petites « obligations sociales » (rendre visite à la famille, prendre le café avec les collègues, aller à l’anniversaire d’Untel même si vous auriez préféré passer la soirée tranquille etc.).

Lorsque je me suis rendue compte de cette liberté inattendue, cela a résonné en moi comme une délivrance : en voyage, je pouvais me permettre d’être pleinement moi, sans crainte du jugements ou des mauvaises interprétations. Je n’étais plus obligée de parler à des gens pour des raisons de politesse et je pouvais enfin décider à quel moment je souhaitais « percer ma bulle » et à quel moment je pouvais retourner dedans. Un vrai confort finalement.

Trouver son équilibre en voyage en fonction de sa personnalité

Au début de mon long voyage en Asie, j’avoue être restée un petit moment complètement seule. Arrivée à Bali depuis la Nouvelle-Zélande, j’avais besoin de temps pour faire connaissance avec mon nouvel environnement et m’acclimater au fonctionnement local. Il faut dire que le centre d’Ubud me paraissait être en permanence plein d’agitation, en comparaison avec la Nouvelle-Zélande où le calme règne en toute circonstances. Mais très vite, j’ai réalisé que j’avais quand même besoin de compagnie, que faire tout toute seule pouvait s’avérer pesant à la longue. Que le partage reste une dimension importante dans un voyage. En effet, on s’extasie plus profondément devant un beau paysage lorsqu’on est accompagné. On apprécie plus sa nourriture quand on peut partager ses impressions avec quelqu’un. On vit tout simplement les choses plus à fond en étant bien entouré.

Seule devant un paysage de rizieres a Bali Indonesie
Bali, première étape de mon voyage en solo en Asie du Sud-Est

Ainsi, plus mon voyage avançait, plus je parvenais à trouver un nouvel équilibre qui me ressemblait, entre les moments rien que pour moi, et les moments où je m’ouvrais aux autres pour partager des expériences.

Lorsque je me sentais fatiguée, après avoir passé beaucoup de temps dans les transports par exemple, je m’accordais une chambre individuelle afin de me ressourcer. Lorsque je ressentais le besoin de socialiser, je me tournais alors vers les auberges de jeunesse et les évènements qui y sont souvent organisés pour rencontrer d’autres voyageurs. Je me trouvais souvent des compagnons de voyage, et nous décidions spontanément de faire un bout de chemin ensemble. Pour autant, chacun restait libre, et nous nous séparions tout aussi aisément lorsqu’il était temps de prendre des directions différentes. Dans le fond, voyager m’a aidée à mieux comprendre et à mieux respecter ma nature d’introvertie.

Un petit bungalow rien que pour soi pour se ressourcer, c'est le secret du bonheur !

Le voyage en solo : un coup de boost pour la confiance en soi

Retrouver le plaisir de faire des choses par soi-même

Autrefois, je cultivais la phobie de me montrer seule dans les endroits publics. En France, il ne me venait jamais à l’idée de me faire un resto ou un ciné toute seule. Ce genre de situation me rendait honteuse, et j’avais l’impression que les gens autour de moi me regardaient bizarrement. Qu’ils allaient penser que si je faisais quelque-chose seule, c’était parce-que je n’avais pas d’amis pour le faire avec moi. Je sais, c’est bête, mais cette idée me collait aux basques. Or, en voyage, je n’avais pas d’autre choix que de faire un certain nombre d’activités par moi-même. Non seulement j’ai découvert qu’il n’y avait aucune honte à cela, mais j’y prenais en plus un certain plaisir. Je goûtais à la joie de prendre mon temps, sans quiconque pour me presser avec un emploi du temps à tenir.

En voyage, aller vers les autres devient plus facile

Voyager m’a permis de devenir plus à l’aise avec moi-même, mais aussi avec ceux qui m’entouraient. Avec le temps, cela devenait de plus en plus facile d’aller vers les autres, de leur demander des services, ou tout simplement d’entamer une conversation. Alors bien sûr, au tout début, il a fallu que je me donne de sacrés « coups de pieds aux fesses ». Mais quelle fierté de réaliser à quel point j’étais devenue capable de faire certaines choses qui demeuraient impensables lorsque je menais une vie sédentaire.

Un jour, lorsque j’étais au Laos, j’aperçu un petit groupe de personnes qui buvaient quelques bières au sein de ma guesthouse. Quelques indices me laissaient penser qu’il s’agissait d’un groupe d’amis en train de fêter leurs retrouvailles. Cela faisait deux ou trois jours que je n’avais pas socialisé, et l’envie me prit de me joindre à eux. Bien sûr, j’ai mis une bonne demi-heure avant de me convaincre que c’était une bonne idée, et à franchir le cap. Ils eurent d’ailleurs l’air assez surpris lorsque je m’approchais d’eux, en leur demandant si je pouvais boire une bière avec eux. Nous sommes finalement devenus très amis, et on ne s’est pas quitté pendant 10 jours !

Que l’on soit introverti ou extraverti, le voyage a toujours quelque-chose à nous apprendre sur nous-même. Quelle que soit notre personnalité, il participe au renforcement de celle-ci et développe notre confiance en nous-même. Voyager n’est pas réservé à un type de personnalité plutôt qu’un autre : il aura juste une saveur différente. Car après tout, chacun est libre de voyager de la manière qui lui ressemble, non ? 😉

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